
Guillaume
Orsat - Peter Gallagher (Sandy Cohen)
"Sandy Cohen's speaking"
Après
Oliver Trask (un personnage que vous découvrirez dans
quelques semaines, doublé par Yoann Sover), Jimmy Cooper
(Constantin Pappas) et Seth Cohen (Donald Reignoux),
c'est au tour de Sandy Cohen de vous parler. Enfin,
disons, qu'il s'agit plus exactement de Guillaume Orsat,
la voix française de Peter Gallagher... Et puis bon,
il ne vous parle pas, il répond à nos questions hé hé.
D'ailleurs, comment le remercier Guillaume ? C'est vraiment
très sympa de sa part (j'évite de me lancer dans des
superlatifs dignes de filles hystériques dans des concerts
de lolitas voire de Robbie Williams, lol -je crois qu'on
va perdre des visiteurs non ?) de se prêter au petit
jeu de l'interview. Comme Donald (The voice of Seth),
il nous fait aussi l'honneur de participer au forum,
trop cool ! (et voilà, qu'est-ce que j'avais dit !).
Et comme ça ne suffisait pas, il nous file des adresses
qui risquent d'apporter une petite touche féminine à
nos prochaines interviews. Carrément génial ! Bon, allez,
fini le cirage de pompes !
Il y aurait tant de
choses à dire sur la carrière du comédien Guillaume
Orsat, mais comme nous n'avons pas envie de raconter
trop de conneries sur son compte -il serait capable
de nous le faire payer cher qui sait ?- nous ferons
dans le concis : la meilleure façon d'en savoir plus
sur lui, c'est de lire son interview. Mais, parce que
c'est toujours intéressant et amusant, on ne pourra
pas s'empêcher d'énumérer quelques acteurs célèbres
à qui il a prêté sa voix : Hugh Grant (dans "Raison
et Sentiments" et "Mesures d'Urgence"),
Brendan Fraser (dans "La Momie", "Le
Retour de la Momie" et "Dudley Do-Right"),
Jude Law (dans "Bienvenue à Gattaca" et "Gangsters,
Sex & Karaoké"), Vin Diesel (dans "The
Fast and the Furious" et "XXX"), Antonio
Banderas (dans "Two Much"), Benicio del Toro
(dans Basquiat) et Peter Krause (dans Six Feet Under).
OCA
/ Comment entre t-on dans la peau de Sandy Cohen ? Est ce un
processus différent de celui pour entrer dans la tête de Nate Fisher de 6
Feet Under ? Guillaume
/ Je n'aime pas beaucoup cette notion de "entrer dans la peau de". On n'entre
jamais dans la peau d'un personnage; si c'était le cas, tous les comédiens
offriraient la même interprétation de Hamlet, de Dom Juan ou du Misanthrope, et
on ne représenterait plus jamais ces trois pièces; or, il y a autant de façon de
les interpréter qu'il y a d'interprètes en ce bas monde... Non, on ne fait
qu'organiser la rencontre entre ce qu'on croit être le personnage et soi-même.
Si la distribution est bonne, la rencontre est plus facile, bien
sûr.
Pour Sandy, il suffit de rentrer dans son rythme -plutôt
cool, tout le monde s'accorde à le dire sur les forums-, mais aussi dans ces
combats puisque, parmi les parents, n'étant pas issu au départ de ce milieu très
friqué et se complaisant dans les apparences, il fait figure de "rebelle".
Rébellion détournée par l'humour très 4ème degré et son air de ne pas y
toucher... et très bien illustré par sa coiffure...
Aborder Nate dans Six
Feet Under, c'est un peu différent, dans la mesure où il s'agit d'un homme moins
mature que Sandy, plus blessé et à fleur de peau, plus fébrile et sur le fil du
rasoir. Et puis, Six Feet Under, c'est un OVNI parmi les séries, alors que O.C.,
malgré le fait que j'aime beaucoup, est plus attendu, plus calibré, moins
surprenant. On peut comparer la série à d'autres; ce qui n'est pas le cas pour
Six Feet Under, incomparable...
Lors de son arrivée en France il y a quelques semaines, les médias
ont souvent comparé the OC/Newport Beach à Beverly Hills 90210. Etes vous
d'accord avec cette comparaison ? Ah, ben, tiens... puisqu'on parle de comparaison!... Je vais peut-être
apparaître comme un grossier personnage, mais je n'ai jamais vu Beverly Hills...
Mais O.C. peut être comparé à toutes ces séries-sagas mettant en scène des ados
avec leurs problèmes, des parents avec les leurs, et les problèmes rencontrés
par les parents dans leurs rapports avec leurs ados d'enfants... et
réciproquement... Rien que sur ces derniers mois, hormis O.C., j'ai participé au
doublage de Pasadena ou One Tree Hill, sagas familiales en milieux friqués, pas
toujours politiquement correctes, belle image, bonnes musiques. La grande
originalité de O.C. vient du fait que le scénario donne autant la part belle aux
parents qu'à leur progéniture, alors que généralement les « vieux » ne font tout
au plus que de la figuration. Ce qui, pour O.C., peut drainer un plus large
public, et pas seulement les « djeunes »!
Pensez-vous qu'exercer la fonction de comédien doubleur soit reconnu à
sa juste valeur ? Comment percevez vous les critiques des puristes de la
version originale ? Non, bien sûr que non, la discipline de comédien de doublage n'est pas reconnu à
sa juste valeur, loin de là! Et pourtant, ça fait vivre pas mal de monde! Même
si les choses changent et si les mentalités évoluent, le doublage fait encore
figure de parent pauvre du métier d'acteur. Nous sommes loin du temps où certain
grand acteur disait "Plutôt faire du porno que du doublage"; il est aujourd'hui
très âgé, personne n'oserait lui demander de participer à un doublage, et encore
moins de faire des galipettes sous l'oeil des caméras!!... Personnellement, je
me fous pas mal de ce que les gens pensent: je fais le métier d'acteur que j'ai
choisi, j'essaye de le faire au mieux, et dans toutes les disciplines qui
s'offrent à moi, théâtre, cinéma, doublage, commentaire de docu, pubs... Je vais
où l'on me propose du travail; par les temps qui courent, c'est légitime. Ce que
les gens pensent du doublage, ce n'est pas mon problème, c'est le
leur...
Quant aux critiques des puristes de la VO, je les entends,
je les comprends (dans la mesure où moi-même je préfèrerai toujours voir en
salle les films en VO), mais je ne peux que les assurer que nous essayons d'être
le plus fidèle possible au travail des acteurs qui ont tourné, du mieux que nous
pouvons. Ne serait-ce que parce qu'eux ont répété, ont eu un temps de gestation,
que nous n'avons pas. Sans oublier que nous faisons de l'adaptation, qu'il y a
certaines expressions intraduisibles, certains sentiments qui s'exprimeront
différemment selon les pays, certaine musicalité de la langue qui ne peut se
reproduire.
Et si vous pouviez doubler un acteur de votre choix , qui choisiriez vous
? Comme ça ? A l'instinct ? Ralph Fiennes. J'aurai adoré le doubler dans La Liste
de Schindler ou dans Le Patient Anglais. Et c'est un immense acteur de théâtre :
toute star qu'il est, Anne, ma femme, l'a vu jouer à Londres, en alternance,
Richard II et Coriolan de Shakespeare, dans un entrepôt réaménagé en lieu
théâtral. Vu son enthousiasme, ça ne devait pas être mal. La dernière fois que
j'avais dit vouloir doubler Untel, c'était Peter Gallagher. ça ne m'a pas porté
la poisse.
Sandy Cohen est un amateur de l'humour caustique, limite 4e degré. Et
vous Guillaume, êtes vous un grand blagueur dans la vie ? Je ne suis pas forcément un GRAND blagueur. disons que c'est par période. J'aime
l'humour pince-sans-rire, dire des horreurs l'air de rien. J'adore l'humour
potache, je hurle de rire à Pipi-Caca-Prout ou aux blagues de Q. Je n'aime pas
le sport, très parisien, qui consiste à rire méchamment aux dépens d'autrui, et
si possible bien sûr lorsque autrui est absent. Je n'aime pas les gens qui n'ont
que trois vannes en magasin, et qui les ressassent encore et encore, en ne
faisant rire qu'eux-mêmes.
Dans un épisode futur, Kirsten et Sandy se retrouvent dans une
soirée échangiste ? Êtes vous un habitué de ce genre d'endroit ? Quelque chose à me proposer ??................... Hou la la ! On
entre dans l'intime. si je puis m'exprimer ainsi. Il m'est arrivé de me
retrouver dans des soirées, qui dégénérèrent en baisouilleries, sans plus. ou
dans des clubs un peu. spéciaux. par simple curiosité, et animé d'un petit
fantasme de voyeurisme. Mais je ne me permettrai jamais de juger les
échangistes, mélangistes, prêteurs & autres partouzeurs. Chacun sa
nature. Quant à ma participation active lors de ces soirées :
CHUUUUUUUUUUUUUUUTTTTT !!!!!
Nous
remercions infiniment Guillaume Orsat d'avoir bien
voulu répondre à nos questions.
(date de l'interview
: novembre 2004)
|